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ThinkFree : les suites bureautiques en ligne ne connaissent plus de frontière
Il existe un certain nombre de solutions alternatives à la suite bureautique Microsoft, dont bien sûr Google Docs. ThinkFree est une suite bureautique en ligne, dont j’avais déjà parlé il y a un moment déjà qui fait à présent un retour vers le desktop d’une façon tout à fait remarquable.
La logique informatique traditionnelle nous pousserait à penser que les suites bureautiques venant du Desktop sont amenées à migrer vers des solutions web… et puis on s’en tiendrait bien là. Mais ThinkFree prend tout le monde à contrepied en proposant dans un premier temps une suite bureautique en ligne, suivi, à présent, d’une version Desktop couplée à une version Mobile très légère, rapide et multiplateforme. Le service propose en plus un archivage gratuit des documents en ligne et à des fonction de partage.
C’est le parfait exemple de technologie “pervasive” (terme anglais représentant la qualité d’un objet à s’étendre de toute part) : une application qui franchit les frontières traditionnelles sans contraintes et qui trouve sa place dans des supports et des usages multiples. Personnellement, j’adore.
Du web social à l’entreprise 2.0
Le web est devenu le plus grand écosystème informationnel au monde. Les grandes entreprises et les institutions qui hier représentaient d’immenses réservoirs à information (clos et propriétaires) sont à présent englobées au sein d’un ensemble de réseaux d’informations considérablement plus vaste qu’elles-mêmes. Dans le même mouvement, les utilisateurs qui sont exposés quotidiennement aux technologies sociales importent naturellement de nouveaux usages au sein de l’entreprise. Il en découle une forme de perméabilité de ses frontières. Elle ne vit plus en circuit fermé mais établit, de son plein gré ou non, des relations étroites avec le web social.
L’entreprise traditionelle détenait le savoir car elle détenait, d’une certaine façon, les employés. Dans cet ancien modèle, la relation entreprise-employé était basée sur la fidélité et la confiance. L’entreprise protégeait l’employé en lui apportant salaire, structure et soutien. En échange, l’employé mettait à disposition de l’entreprise son expertise, ses connaissances. Cette relation s’établissait sur le long terme et permettait à l’entreprise d’héberger et de détenir, de fait, un corpus de connaissances qui constituait la valeur de l’entreprise. Ce système a fait la réussite de grandes entreprises savantes comme Dassault ou Schlumberger.
L’entreprise se meurt, vive l’entreprise 2.0
Or, la globalisation a profondément changé cet équilibre et la relation de confiance et de fidélité qui préexistait entre entreprise et employés s’est transformée. L’employé ne ressent plus qu’un attachement superficiel à l’entreprise, souvent proportionnellement égal aux avantages financiers qu’il en retire. L’entreprise ne protège plus l’employé et parfois même détruit, directement ou indirectement, la cellule sociale des personnes qui ont longtemps travaillé pour elle. Par voie de fait, la structure traditionnelle de l’entreprise s’est vidée de son sens, de son identité, de ses valeurs. Il ne reste plus en elle qu’un édifice contraignant, lent, lourd, rétrograde—voire même réactionnaire.
Cela ne signifie aucunement que l’entreprise tende à disparaitre, mais que les repères auxquels nous étions habitués n’en sont plus, qu’ils doivent être reconsidérés. Par exemple, l’évolution des métiers liées aux technologies de l’information est si rapide que les directions des ressources humaines des grandes structures traditionnelles ne jouent plus leur rôle d’intégrateur et de planificateur des métiers. Des dizaines de nouveaux profils se présentent à leurs portes sans que celles-ci parviennent à les incorporer. A l’inverse, les entreprises qui sont basées sur le modèle 2.0 (tel que Google) ont compris l’importance vitale q’une veille sur l’évolution des métiers peut revétir et dédient des ressources très importantes à sa mise en oeuvre.
Le web social est déjà au coeur de l’entreprise
RSS, Wiki, blogs, mashups, outils collaboratifs, réseaux sociaux, outils de prédiction de tendances, micro-blogging etc., sont autant de nouveaux outils que les utilisateurs, qui forment le corps de l’entreprise, cotoient quotidiennement pour leur propres usages. Ces outils font leur place dans notre vie de tous les jours et, au même titre que le téléphone portable est souvent utilisé pour des usages professionels, les RSS, les blogs, et le micro-blogging pénètre la sphère de l’entreprise.
Dans les métiers liés à l’information et la communication, le web entre de plein fouet dans la sphère de l’entreprise. Les employés utilisent les ressources du web comme on utilisait jadis celles de l’entreprise, c’est-à-dire à la fois comme une source d’information et d’expertise mais également comme un lieu d’échange. Twitter, Facebook, LinkedIn, sont des outils de communication entre employés qui sortent entièrement de la sphère de l’entreprise. En termes de constitution du savoir, les sources les plus utilisées (blogs, études de marchés, documentation, standards, etc.) se situent en très grande majorité à l’extérieur de l’entreprise.
Les murs de l’entreprise deviennent poreux, perméables à ce qui se passe au dehors. Certaines sociétés ont compris l’intérêt qu’il y avait à s’ouvrir à la sphére des utilisateurs. IBM, qui était l’un des repésentants les plus caricaturaux de l’entreprise traditionnelle, a opéré une mutation radicale en s’ouvrant aux systèmes d’exploitation open-source et en devenant un contributeur actif de la communautés du développement libre. Procter & Gamble a également procédé à un changement fondamental de son modèle de R&D en établissant de nombreuses coopérations avec des chercheurs et des experts indépendants, extérieurs à l’entreprise, pour la mise au point de ses produits. Les travaux scientifiques élaborés sur le modèle de l’entreprise collaborative sont de plus en plus nombreux. La plate-forme Innocentive, qui met en relation chercheurs et entreprises en est l’exemple le plus frappant.
L’entreprise 2.0 : une rencontre entre usage et savoir
L’entreprise doit rétablir la relation de confiance entre sa structure organisationnelle et ses membres. Pour cela, elle doit accepter le nouveau rôle que l’ecosystème informationnel mondial (le web) lui propose à présent: devenir un outil fonctionnel au service d’un savoir organique. En d’autres termes, elle doit abandonner son rôle de contrôleur et s’appliquer à mettre à la disposition de ses membres (doit-on encore dire employés dans l’entreprise 2.0 ?) des outils d’échanges et de partage, de documenation et de collaboration. Elle doit accepter et intégrer en son sein les usages et les technologies qui sont en passe de devenir des standars à l’extérieur de l’entreprise. Elle permettra ainsi, à nouveau, la constitution d’un savoir, d’une base de connaissances propre à l’entreprise—base dont les employés seront les administrateurs zelés.
Le modèle de l’entreprise 2.0 est en train de se dôter d’outils puissants, stables et sécurisés; des charactéristiques attendues par les DSI, souvent frileuses à l’idée d’exposer des informations internes à des technologies web destinées à l’exportation en masse de données. Clearspace fait parti de cette récente génération de suite 2.0 apte à rassurer les services informatiques. Néanmoins l’intégration du web social au sein de l’entreprise n’est pas uniquement une question de stabilisation des solutions. Celle-ci passe avant tout par la prise de conscience que la collaboration entres individus génère du savoir et représente la véritable valeur de l’entreprise. L’entreprise 2.0 est plate et organique, les degrés hiérarchiques verticaux s’éffacent aux profits des compétences véritables. Une véritable mutation des mentalités et des usages.
[Note aux lecteurs : les observations et opinions de cet article concernent essentiellement les secteurs exposés aux technologies de l’information]
Références et bibliographie
- Blog de Dion Hinchcliffe : Enterprise Web 2.0 on ZDNet.com
- Article sur le modèle de recherche de Procter & Gamble sur Harvard Business School
- “Le modèle Google, une révolution du Management” – Bernard Girard (sur Amazon
- “Wikinomics” de Don Tapscott & Anthony D. Williams (blog – Amazon)
Adobe s'en tire avec Brio
Dans mon billet précédent, j’exprimais certains doutes sur l’architecture d’interface utilisateur de Jamjar, outil collaboratif développé par Adobe Labs sur une technologie Flex. BRIO est également un produit sorti des laboratoires Adobe mais centré sur la collaboration “live”, à l’instar de Microsoft Net Meeting. Brio est un outil permettant de gérer des conférences en ligne, pour le moment en version béta limitée à 3 utilisateurs, proposant les fonctionnalités suivantes :
- Partage de desktop
- Chat
- Webcam et micro
- VoIP
- Partage de notes
- Tableau blanc
- Upload de documents
Brio ne diffère pas fondamentalement de MS Net Meeting par le choix des fonctionalités proposées, mais il se distingue par la puissance et la rapidité d’exécution de la technologie Flex. Ceux qui ont déjà participé à des conférences sur Net Meeting connaissent la lourdeur de l’application, les décalages voix/images, les coupures de connexion etc. Brio, lui, est un outil léger, lu grâce au plugin Flash directement dans le navigateur, et parfaitement stable, à part quelques erreurs de rémanence.
Même si Brio n’est pas déclarée comme une application AIR, elle réagit comme telle. En effet, l’espace de conférence est dotée de son propre menu, qui remplace celui du navigateur en cours. Une version “Full AIR”, c’est à dire installée directement sur le poste client permettrait notamment le drag-&-drop de fichiers depuis le bureau vers l’espace de conférence.
Là ou Jamjar pêche par son positionnement, Brio propose un rapport usage/technologie très convainquant; un nouvel exemple de la puissance de la technologie Adobe Flex 3 et des possibilité à venir.
Jamjar... sur un AIR collaboratif
Jamjar est un outil collaboratif développé sur une technologie réputée très souple en termes de developpement : Adobe Flex3. Pour ceux qui l’ignorerai enciore, Adobe Flex permet le développement d’applications web variées (HTML, Php, XML, Flash, etc.), lues dans le navigateur grâce au plugin Flash.
Depuis 2 ans, Adobe redouble d’effort pour développer sa technologie en l’ouvrant largement à la communauté des développeurs. Adobe fonde de grands espoirs (surement à raison) sur l’extraordinaire potentiel de Flex/AIR dans les applications internet riches. Pour le moment, il n’existe pas réellement d’alternatives à Flex ou à AIR et Adobe profite de l’opportunité pour tenter de faire de sa technologie un standard (Flash est passé dans le domaine public en devenant un standard ISO en début d’année). Les initiatives d’Adobe se multiplient également en direction de l’implémentation du plugin Flash dans les OS mobiles.
Jamjar se situe donc dans cette logique de recherche et développement de Flex. C’est une tentative à mon sens moyennement réussie de réplication de la logique d’espace collaboratif web, habituellement développé en AJAX (si l’on peut parler d’habitude), vers la technologie Flex.
L’impression générale est celle d’un outil indéniablement puissant, mais malgré tout restreint par le logique Flex. En effet, l’environnement de développement de Flex, même s’il tente de se rapprocher de la logique XML/XHTML/AJAX, reste très traditionel dans sa logique de construction des objets. Flex Builder 3 ressemble d’avantage à une alternative de Visual Studio qu’à un hybride de Flash et d’AJAX. Cela se ressent indéniablement dans l’interface utilisateur de Jamjar.
Jamjar représente très certainement une initiative intéressante, mais on peut déceler que les applications développées en Flex et celles développées suivant une logique plus “pur” web (Ajax, XML…) ne s’épanouiront pas sur les mêmes marchés. Flex excelle certainement dans les solutions e-commerce riches, mais souffre de la comparaison lorsqu’il s’agit de wiki collaboratif.
http://iscrybe.com/
Enfin un peu de temps retrouvé pour me consacrer à mon blog, après avoir déménagé du sud de la France vers Paris et sur le point d’intégrer une grosse structure en tant qu’architecte d’information.
C’est avec plaisir que, reprenant mon activité de veille des nouveaux usages et nouvelles technologies, je tombe sur Scrybe.
Scrybe est une application qui se situe résolument au coeur de la nouvelle génération d’outils que l’on pourrait qualifié de web-desktop, c’est-à-dire des applications qui abordent des tâches traditionnellement réservées aux applis desktop et qui utilisent la puissance, la souplesse et les possibilités nouvelles offertes par les technos web.
Pour le moment Scrybe n’offre pas d’inscription aux nouveaux venus. Il faudra attendre une nouvelle série d’invitations pour faire partie des heureux utilisateurs de Scrybe, mais la vidéo de démo est réellement convaincante : calendrier, todo list, carnet de note “rich”, et collaboration sont au programme.
La particularité de Scrybe est qu’il fonctionne aussi bien online qu’offline. Une petite révolution pour une appli web. En cela, Scrybe préfigure ce que seront les applis desktop de demain : du web, rien que du web.
http://www.rallypointhq.com
RallyPoint pourrait être le frère jumeau de ActiveCollab (voir note précédente). Car c’est également un outil de collaboration web-based. La différence, c’est que RallyPoint n’est pas orienté sur la gestion de projet, mais sur l’échange d’informations et la création de documents. Son approche est extrèmement simple et c’est ce qui en fait tout le charme.
RallyPoint est basé sur une simple logique de pages, associée à la possibilité de créer des (sous)rubriques pour y classer ses pages, en y associant commentaires et tags. Une logique très proche du blog, à l’exception que l’aspect chronologique est délaissé au profit de la logique de rubriques. Les documents créés font également apparaître la version de révision. RallyPoint est donc un parfait outil de création de documents, sur un mode collaboratif, très adapté à une petite structure. Les équipes plus larges, qui suivent des logiques de travail plus complexes préféreront sans doute utiliser un Wiki.
A noter que la version gratuite autorise 5 utilisateurs. On aimerait cependant pourvoir télécharger l’engin et l’installer sur son propre serveur.
http://www.activecollab.com
ActiveCollab est un outil collaboratif de gestion de projets. Il est open-source, gratuit et “web-based”. L’installation sur serveur se fait en moins de 5 minutes. La seule contrainte (en est-ce une ?) est d’avoir la version 5 de PHP installée sur le serveur (ce qui n’est pas toujours le cas chez les hébergeurs grand-public.) ActiveCollab est très agréable a utiliser car relativement simple. En effet, à l’inverse de plate-formes plus complètes comme DotProject mais plus orientées sur la gestion de développements informatiques, ActiveCollab offre un ensemble d’outils généralistes qui permettent un partage immédiat d’information entre collaborateurs :
- Tableau de messages
- Gestion des tâches
- Gestion de documents
- Milestone (genre de planning simplifié)
- Gestion de contacts et sociétés
L’interface est rapide et ergonomique, grâce à l’ajout de certaines astuces d’organisation, comme le tagging qui s’avère très pratique dans ce contexte. ActiveCollab est le concurent direct de BaseCamp, qui propose malgré tout des fonctionnalités plus abouties (un véritable planning, par exemple). ActiveCollab est toutefois très jeune, ce qui peut représenter un inconvénient si l’on souhaite être assuré du support d’une communauté sur le long terme, mais qui laisse présager de futures versions très prométeuses.
Mise à jour du 24/07/06 : après quelques tests, on se rend compte que ActiveCollab est en phase de débuggage lourd. De nombreuses erreurs sont à signaler. Mon conseil : à ne pas utiliser pour le moment, et attendre quelques mois qu’une version fonctionelle soit mis à disposition. Ça n’enlève rien à ce que j’ai écrit précédemment sur cette sympathique application.
Le web en tant que plate-forme de travail
Au moment de la sortie de Google Spreadsheets(tableur en ligne), j’avais perçu cela comme une innovation unique. Or, en effectuant une simple recherche “spreadsheet” sur Del.icio.us, on trouve immédiatement 7 offres similaires: Zoho Sheet, Numbler, EditGrid, iRows, Num Sum, ZapZap.
Certaines sont plus où moins élaborées, mais toutes offrent au moins un tableur complet. L’innovation la plus impressionante est certainement Dabble DB, un système de gestion de base de données de type tableur, enrichi de fonctionnalités d’affichage Ajax, capable d’importer et de reconnaitre des tableux Excel d’un simple Copier-Coller et d’exporter d’un clic une base de données vers des formats web variés, notamment le RSS. Une video démontre très bien les capacités de Dabble DB. Dans un répertoire un peu différent, j’ai essayé ActiveCollab, un outil collaboratif de gestion de projets, extrèmement bien fait et gratuit.
Ces applications démontrent (à ceux qui en douteraient encore) à quel point le web devient progressivement une plate-forme de travail à part entière, et non plus seulement un endroit où dénicher de l’info. Le web en tant que support aux applications démultiplie les possibilités habituellement offertes par les applications “classiques” (installées sur un PC), en leur apportant la technologie serveur et les possibilités du véritable travail en réseau, voire en communauté.
http://www.wetpaint.com
Un service gratuit de publication grand public, basé sur une technologie Wiki, et permettant donc aux utilisateurs, non-aguerris à la création de sites, de publier en mode collaboratif, un site internet d’un niveau professionel : ça ressemble déjà à une success-story. Wetpaint est un vraie réussite en termes d’offre de publication grand public. Les interfaces sont claires et accessibles, les possibilités sont larges (c’est du wiki) et le tout est gratuit. Après les blogs, les wiki grand public. Il fallait y penser. Genial.
http://www.thinkfree.com
ThinkFree est une alternative tout à fait crédible à la suite Office de Microsoft. Le produit est proposé en deux versions : l’une gratuite sous forme d’application en ligne, l’autre payante (50$ seulement) sous forme de suite bureautique multi-plateformes.
J’ai testé la première version avec beaucoup d’intérêt car c’est une étape réellement réussie vers le développement d’applications bureautique en ligne, au moment même ou Google lance sa propre version de tableur en ligne.
Tous les outils digne d’une véritable suite bureautique sont disponibles, aggrémentés de fonctionnalités propre au web : publication en ligne et partage. Même si la version en ligne ne présente pas autant de fonctionnalités que la version à installer, ni même que la suite Microsoft, elle présente de nombreux attraits pour une solution gratuite dotée de 1Go de stockage.
Un bémol toutefois au sujet de la lenteur de démarrage des applets javas de l’éditeur texte même si celui-ci est également proposé en version “Quick Edit” (qui est en fait une application construite en XHTML.)
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