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EuroIA 2008 : information et expérience
Cela fait 15 jours déjà que je suis rentré du Sommet Européen d’Architecture d’Information 2008, une rencontre qui a rassemblé à Amsterdam les 26 et 27 septembre 200 à 300 participants venus du monde entier.
L’évènement, organisé principalement par l’Information Architecture Institute et brillament animé par Eric Reiss de Fatdux, s’est tenu dans un cinéma Art Déco magnifique du centre historique de la ville. L’organisation impeccable a largement contribuée à la bonne humeur ambiante.
Les participants sont venus d’horizons professionnels variés mais ayant tous pour centre d’attention l’Architecture d’Information. Et si l’Architecture d’Information a bien été le sujet principal de la rencontre, la plupart des conférences ont très vite élargies le propos. Le marketing, le design stratégique, la stratégie de contenus, l’expérience utilisateur, autant de domaines qui furent également au centre du débat. Car les nouveaux métiers qui se retrouvent au coeur de la conception digitale possèdent des frontières floues. En effet, si les métiers de la génération précédente – tels que directeur artistique, graphiste, auteur multimédia – possèdent tous des contours bien définis, c’est loin d’être les cas pour les pratiques centrées autour de l’expérience utilisateur, et c’est bien là leur intérêt.
Les designers d’expérience utilisateurs possèdent tous au moins 3 cordes à leur arc. Ce sont des profils plus complexes qui répondent à des besoins également plus complexes. Certains viennent du journalisme et possèdent également des compétences informatiques, d’autres viennent de la gestion de projet et s’interresse également à la linguistique, d’autres enfin pourront venir du design et avoir plongé dans les technologies de l’information.
La conférence EURO IA 2008 fut d’une grande richesse de ce point de vue : chaque participant a pris conscience qu’il contribuait à la construction d’un corps de métier qui sera très prochainement le coeur de la conception digitale.
Google Knol à l'épreuve de l'usage
Au moment du lancement de Google Knol, je fus pris, comme bon nombre de bloggeurs, d’une irrépressible envie de publier un billet, actualité oblige. Mais après un moment de réflexion, je me suis dit qu’il vallait mieux attendre un peu, histoire de voir comment la chose allait réellement prendre corps, plutôt que de spéculer sur des banalités.
Pour mémoire, Knol est une plate-forme de publication de sujets, ouverte à tous et gratuite; l’objectif de Google étant de faire de Knol le premier endroit où les internautes se rendent pour apprendre sur un sujet en particulier. Objectif louable. Après deux mois et demi, il me semble que Knol soit en train de passer à l’épreuve de l’usage.
Tout d’abord, il apparaitrait que la base d’articles soit doté à ce jour d’environ 40 000 articles. Je suis arrivé à ce chiffre en faisant successivement une recherche sur les termes “the”, “of”, puis sur la lettre “a”. Les deux premiers retournent environ 38 000 résultats, le dernier 43 200 (chiffres du 04/10/2008). 40 000 articles sur un peu plus de 2 mois, cela fait environ 500 articles publiés par jours. Je ne me risquerai pas à juger si ce chiffre est bon ou non, mais il est en tout cas suffisant pour évaluer l’usage de Knol.
Habituellement, une plate-forme proposant une base de 40 000 articles offre à ses utilisateurs une forme de catégorisation, un classement, quelque chose qui permette d’explorer les sujets par thématiques. C’est en tout cas l’approche utilisée par Wikipedia sur les page d’acueil des langues. Knol ne propose rien de tout cela. Seul le moteur de recherche permet de trier les sujets.
Si l’on recherche par exemple à se renseigner sur le terme “Subprime” (exemple pris complètement au hasard…), Knol renvoie 48 articles classés par ordre de publication. Il est en outre impossible de modifier l’ordre de classement, ce qui rend très difficile la manipulation des données. Comment par exemple, faire ressortir l’article le mieux noté en premier ? Sur le même sujet, une recherche sur Wikipedia vous apprendra en un clic quelle est la source de la plus grande escroquerie banquaire jamais échaffaudée par le milieu financier… Blague à part.
Ce court exemple nous montre combien les deux modèles diffèrent. Wikipédia et Knol n’ont véritablement rien en commun. Knol est basé sur des articles d’opinions, à partir de laquelle l’utilisateur doit à son tour forger la sienne. C’est ce tri qui reste pour le moment très difficile à faire. Les notation d’articles restent rares donc peu fiables. En résumé, l’utilisateur est face à une liste d’articles d’opinions, rédigés par des inconnus, peu notés et dont le tri est de toute façon impossible.
Cela n’a en soit rien de génant. Après tout, c’est l’affaire de Google, et cette initiative a certainement de la valeur. Ce qui, à mon sens, est plus génant, c’est la définition de Knol donné par Google : “Une unité de connaissance” (“A Unit of Knowledge”). Si l’on se réfère à la définition du savoir (ou de la connaissance – knowledge, en anglais) par Platon, on apprend que celui-ci définit la connaissance comme “une croyance vraie et justifiée”. De ce point de vue, la méthode de Wikipédia pour arriver à constituer une base de connaissances universelle, au moyen de l’obtention d’un consensus de masse, semblerait plus adéquate.
Les listes d’articles d’opinions livrés par Knol sans le moindre effort de classement me laisse dubitatif quant à leur aptitude à délivrer une forme de connaissance.
Le plus domageable, c’est que les articles sont effectivement de bonne qualité mais que leur manque d’utilisabilité rend la plate-forme, à mon sens, quasi inopérante.
Google Knol n’en est certainement qu’à ses débuts et des versions futures amélioreront sans doute l’usage des données publiées, mais disons que Google nous avait habitué à des outils plus aboutis.
L'entreprise 2.0 en France: un réalité tangible
J’ai assisté aujourd’hui à une présentation de BlueKiwi, une suite “Social Software” française qui réussit progressivement à faire comprendre – et à faire passer – les concepts de l’Entreprise 2.0 au sein des grandes entreprises françaises. BlueKiwi affiche a présent de très belles références : près de 30 grandes entreprises françaises et européennnes utilisent sa suite logicielle. Parmi elles : BNP Paribas, Nokia, La Poste, Alcatel-Lucent, l’Apec, la Banque Populaire, la SNCF, Thalès, etc.
Si on considère que BlueKiwi n’est pas la seule solution 2.0 a tenter de pénétrer sur le marché des entreprises françaises et que ses concurents (pas necessairement français d’ailleurs, comme Clearspace) font le même travail d’évangélisation au sein des entreprises, alors on peut dire que l’Entreprise 2.0 est bel et bien en train de naître en France.
On peut d’ailleurs rendre véritablement hommage à ces créateurs de solutions de Social Software pour le combat qu’ils mènent contre les idées reçues. Certaines, en effet, ont la peau dure, comme par exemple: “Les réseaux sociaux pour entreprise font perdre du temps aux employés…”, ou “A quoi ça sert de partager des informations ? Il vaut mieux travailler à ses projets…” , ou encore “Je ne vois pas de différence avec Facebook…”
Ces idées reçues perdurent encore mais les arguments de l’entreprise 2.0 sont redoutables et parviennent à convaincre les entreprises les plus résistantes. Comme le disait Carlos Diaz aujourd’hui, fondateur de BlueKiwi, le changement se fait avec ou sans vous, mais il se fait.
Les bénéfices de la stratégie Entreprise 2.0
1. Les informations détenues par les employés sont conservés dans une mémoire vivante au sein de l’entreprise
C’est à mon sens le principal bénéfice de la stratégie 2.0 en entreprise. Les entreprises modernes connaissent un taux de turnover considérable par rapport aux générations précédentes. Le savoir qui résidait traditionnellement dans l’entreprise grâce à une forme de fidélité des employés est à présent dilapidé. (cf. mon billet “Du web social à l’entreprise 2.0”). Le réseau social d’entreprise permet une cristalisation des connaissances au sein de communautés vivantes et dont la production et les échanges sont archivés. Des outils comme BlueKiwi permettent, grâce à une forte organisation sémantique de l’information, de connaître en temps réel les tendances au sein de l’entreprise et de les comparer aux objectifs déclarés.
Certaines entreprises découvrent avec surprise que la stratégie officielle engagée par le management (souvent à grands frais) n’a aucune résonnance au sein des communautés mais qu’à l’inverse des sujets, aupravant méconnus, soulèvent l’intérêt de centaines d’employés.
2. Les outils Entreprises 2.0 accroissent la productivité grâce à la mutualisation des connaissances
La question de la mutualisation des connaissances n’est pas réellement sensible dans des structures de tailles réduites car elle se fait naturellement (cf. l’excellent ouvrage de Malcom Gladwell The tipping point où l’auteur explique qu’en deça de 150 membres, une communauté peut se passer d’une organisation hiérarchique car le nombre est suffisement restreint pour permettre à chacun de conserver une vision d’ensemble.) Dans les grandes structures (donc, >150), la mutualisation des connaissances (audit, rapports, analyses, recomandations, cas clients…) est un facteur concrêt d’amélioration de la productivité. Pourquoi travailler 3 jours à plein temps sur une étude qu’un autre aura déjà réalisée un mois plus tôt dans un autre département..?
3. Les réseaux sociaux d’entreprise fidélisent les employés et limitent les effet du Turnover
Pour ceux qui connaissent le travail nécessaire à la constitution d’un réseau professionnel personnel digne de ce nom – sur LinkedIn (par exmple), on imagine aisément qu’il est moins facile de quitter une entreprise au sein de laquelle on aura patiemment tissé des liens sociaux-professionnels (le terme prend un autre sens ici), car des liens de ce type possèdent une véritable valeur intinsèque. Ils sont porteurs de connaissance, d’information, de savoir.
4. Les outils et les méthodes de l’Entreprise 2.0 favorisent l’innovation et la créativité
L’une des charactéristiques des Social Softwares est de donner la possibilité de créer des communauté de métiers ainsi que des groupes de travail – ou ateliers – dédiés à des sujets spécifiques et rassemblant des experts.
Cela recrée les bénéfices connus des laboratoire de recherche, ou des départements de R&D, en termes d’innovation, sans en engendrer ni les coûts ni les lourdeurs. On pourrait appeler cela de la “R&D On The Fly”. Ce type de dispositif apporte évidement de la qualité aux travaux entrepris, quels que soit le domaine abordé: stratégique, analytique, techologique, logistique, organisationnel…
Cette présentation m’a redonné espoir dans la capacité des entreprises françaises à prendre à bras le corps la stratégie de l’Entreprise 2.0, en se débarrassant des préjugés – souvent liés à une simple méconnaissance sujet – et en profitant du formidable élant que procure l’avènement du web social.
Android : un bond en avant pour les usages mobiles
Android, système d’exploitation ouvert pour téléphones mobiles par Google, dévoile les 50 premières applications, fruit du concours lancé auprès de la communauté des développeurs. Un véritable feu d’artifice de bonnes idées, et des innovations dans l’usage du mobile qui dessinent les contours d’une société de l’information d’un nouvel age.
Voici une sélection des innovations qui m’ont le plus frappées :
- AndroidScan: système de lecture de codes barres permettant d’afficher des comparatifs de prix des tous les distributeurs online et magasins proposant l’article.
- BioWallet : authentification biométrique par scan de l’iris.
- CallACab : système de réservation de taxi basée sur la géolocalisation du téléphone et des taxis les plus proches, le tout sans appel téléphonique.
- gWalk : outil d’exploration touristique donnant des informations contextuelles en fonction de la géolocalisation.
- IMEasy : application de messagerie instantanée, doublée d’une carte.
- Jigsaw : Outil de reconnaissance d’écriture et de schématisation (parfait pour les réunions sur tableau blanc)
- LifeAware : réseau social basé sur la géolocalisation d’amis.
- Marvin : solution de publication et navigation d’objets géolocalisés mouvants et statiques, couplé à un moteur de carte en 3D et à Streetviewer.
- PhoneBook2.0 : la fusion de carnet d’adresse mobile et du réseau social géolocalisé
- PiggyBag : système de partage de véhicule basé sur la géolocalisation des usagers.
- SociialMonster : application sociale dédiées aux invitations.
- Talkplay : messagerie intantanée vocale et vidéo.
- Teradesk : plate-forme et outil de partage et de stokage de fichiers.
Je vous invite à découvrir plus en détail ses 50 merveilles d’innovation grâce à ce PDF de description mis à disposition par Google.
Encyclopédie Larousse.fr, la grenouille veut se faire aussi grosse que le boeuf
AFP – Mardi 13 mai, 12h08
PARIS (AFP) – Les éditions Larousse lancent ce mardi “la première encyclopédie contributive” sur internet, qui juxtapose en consultation gratuite le contenu de leur dictionnaire encyclopédique et des contributions d’internautes, avec Wikipedia en ligne de mire.
Dès la publication de cette dépèche de l’AFP, nombreux quotidens d’actualités (Le Point.fr, Yahoo Actus, Le Monde Informatique...) et pas mal de blogs se sont empressés de reprendre la nouvelle, annonçant fièrement que Wikipédia n’avait qu’à bien se tenir et que Larousse, qui ne mélangeait pas serviettes et torchons, allait produire de contenu publiés par des “experts” et par des internautes dûement enregistrés. Et tous de montrer du doigt, une fois encore, le monstre Wikipedia qui ose laisser à la masse informe des inconnus le droit le modifier des articles d’experts mondialement reconnus.
En bon élève, je me connecte donc le jour suivant pour explorer les entrailles de la Jeanne d’Arc de la connaissance française. Mais l’interface me signale que “l’annonce, relayée par l’ensemble des medias, de l’ouverture de notre encyclopédie contributive en ligne Larousse.fr… etc… ne peut répondre à l’afflux de demandes de connexions… etc… mettons tout en oeuvre…nous vous prions de bien vouloir nous excuser…” Faux départ donc. Mauvaise solution d’hébergement ou mauvaise analyse du contexte ?
Car il me semble qu’il y a comme un vice caché dans cette affaire de l’encyclopédie contributive “en ligne” (ah bon ? on peut faire du contributif ailleurs que sur le web ?) Il y a comme un goût de fausse route ou d’arrogance. Les américains reprochent souvent aux français leur arrogance. Je crois qu’on tient là un magnifique exemple.
Donc, Larousse.fr aurait “en ligne de mire” Wikipedia ?
Ma première impression de la page d’accueil est une impression de très grande pauvreté de contenu. A l’heure ou j’écris ces lignes, la page propose un “zoom actu” sur… Nicolas Sarkozy ! plus une dizaine de liens pauvrement intitulés “le choix des internautes” mélant un peu tous les sujets. Ça respire l’ennui, la routine, le manque de choix structurant et la peur de se tromper. Si l’on compare cette page à la page d’acceuil de Wikipedia en français, c’est… Wikipedia : 10 ! Larousse: 0.
Ah mais, dites-moi, Larousse.fr c’est en français uniquement ? oui monsieur. Combien de langues disponibles sur Wikipédia déjà ? 171 langues actives il me semble. Bon. On alors compare-t-on ce qui est vraiment comparable ?
Question interface, il semble qu’il y ait eu également un faux départ. Les pages ne respectent absolument pas les standards d’accessibilité du W3C. Bonne chance aux mal-voyants, donc, pour accéder à l’information. Je ne rentrerais pas dans les détails du développement ici, mais le code source révèle quelques perles de mauvaises pratiques. Je me contenterai de signaler que le validateur du W3C refuse de valider la page d’acceuil, et pour cause…
Acceptons l’expérience de Larousse pour ce qu’elle est vraiment : les premiers pas d’une honorable institution d’édition sur le web. Je salue cette iniative car mieux vaut tard que jamais et mieux vaut mal que pas du tout, mais de là à vouloir mettre “Wikipedia en ligne de mire” cela me semble relever à la fois de l’ignorance et de la prétention. Car Larousse se trompe doublement.
L’incroyable aventure de Wikipedia est d’autant plus interresante qu’elle a écarté les contenus d’experts au profit d’un consensus de masse. C’est le reflet de la connaissance humaine aujourd’hui avec ce qu’elle contient de contradictions, de polémiques, d’idées reçues ou de pur génie. Bien sur, les sujets polémiques font bondir les spécialistes, mais les grandes encyclopédies traditionnelles imprimées, qui n’ouvrent leurs pages qu’aux experts reconnus, contiennent également des énormités.
Vouloir aller battre Wikipédia en lui opposant des experts reconnus c’est se tromper à la fois d’opposant et de combat.
Si l’on parle “contributions d’experts”, le vrai modèle de Larousse n’est pas Wikipédia mais Innocentive, la plate-forme de contribution scientifique ouverte [lire la définition]. Innocentive met en relation des experts scientifiques et des sociétés à la recherche d’innovations. De son coté, Larousse met en relation experts et grand public. Dans les deux cas, le modèle est payant : Larousse propose un abonnement, Innocentive permet aux experts d’être rétribués pour leur travail. A la fois sur Innocentive et sur Larousse, les experts y voient une reconnaissance de leur savoir et cela engendre l’arrivée de nouveaux experts, en quête eux-aussi de reconnaissance. Il en découle un esprit de saine compétition tout au profit de la qualité du savoir.
Wikipedia offre une quantité immense de contenu mais creuse peu profondément les sujets très experts (quoi que…). A l’inverse, le modèle de larousse, mais également celui d’Innocentive, proposent une base de savoir beaucoup plus réduite mais également beaucoup plus creusée (du moins pour Innocentive et on espère à termes pour Larousse).
Larousse aurait tout intérêt à revoir son modèle et à mettre l’accent sur les contenus experts, renforçant ainsi sa légitimité et celle de ses contributeurs. En partant à l’assaut de moulins à vents, Larousse risque fort de perdre ses forces rapidement.
Du web social à l’entreprise 2.0
Le web est devenu le plus grand écosystème informationnel au monde. Les grandes entreprises et les institutions qui hier représentaient d’immenses réservoirs à information (clos et propriétaires) sont à présent englobées au sein d’un ensemble de réseaux d’informations considérablement plus vaste qu’elles-mêmes. Dans le même mouvement, les utilisateurs qui sont exposés quotidiennement aux technologies sociales importent naturellement de nouveaux usages au sein de l’entreprise. Il en découle une forme de perméabilité de ses frontières. Elle ne vit plus en circuit fermé mais établit, de son plein gré ou non, des relations étroites avec le web social.
L’entreprise traditionelle détenait le savoir car elle détenait, d’une certaine façon, les employés. Dans cet ancien modèle, la relation entreprise-employé était basée sur la fidélité et la confiance. L’entreprise protégeait l’employé en lui apportant salaire, structure et soutien. En échange, l’employé mettait à disposition de l’entreprise son expertise, ses connaissances. Cette relation s’établissait sur le long terme et permettait à l’entreprise d’héberger et de détenir, de fait, un corpus de connaissances qui constituait la valeur de l’entreprise. Ce système a fait la réussite de grandes entreprises savantes comme Dassault ou Schlumberger.
L’entreprise se meurt, vive l’entreprise 2.0
Or, la globalisation a profondément changé cet équilibre et la relation de confiance et de fidélité qui préexistait entre entreprise et employés s’est transformée. L’employé ne ressent plus qu’un attachement superficiel à l’entreprise, souvent proportionnellement égal aux avantages financiers qu’il en retire. L’entreprise ne protège plus l’employé et parfois même détruit, directement ou indirectement, la cellule sociale des personnes qui ont longtemps travaillé pour elle. Par voie de fait, la structure traditionnelle de l’entreprise s’est vidée de son sens, de son identité, de ses valeurs. Il ne reste plus en elle qu’un édifice contraignant, lent, lourd, rétrograde—voire même réactionnaire.
Cela ne signifie aucunement que l’entreprise tende à disparaitre, mais que les repères auxquels nous étions habitués n’en sont plus, qu’ils doivent être reconsidérés. Par exemple, l’évolution des métiers liées aux technologies de l’information est si rapide que les directions des ressources humaines des grandes structures traditionnelles ne jouent plus leur rôle d’intégrateur et de planificateur des métiers. Des dizaines de nouveaux profils se présentent à leurs portes sans que celles-ci parviennent à les incorporer. A l’inverse, les entreprises qui sont basées sur le modèle 2.0 (tel que Google) ont compris l’importance vitale q’une veille sur l’évolution des métiers peut revétir et dédient des ressources très importantes à sa mise en oeuvre.
Le web social est déjà au coeur de l’entreprise
RSS, Wiki, blogs, mashups, outils collaboratifs, réseaux sociaux, outils de prédiction de tendances, micro-blogging etc., sont autant de nouveaux outils que les utilisateurs, qui forment le corps de l’entreprise, cotoient quotidiennement pour leur propres usages. Ces outils font leur place dans notre vie de tous les jours et, au même titre que le téléphone portable est souvent utilisé pour des usages professionels, les RSS, les blogs, et le micro-blogging pénètre la sphère de l’entreprise.
Dans les métiers liés à l’information et la communication, le web entre de plein fouet dans la sphère de l’entreprise. Les employés utilisent les ressources du web comme on utilisait jadis celles de l’entreprise, c’est-à-dire à la fois comme une source d’information et d’expertise mais également comme un lieu d’échange. Twitter, Facebook, LinkedIn, sont des outils de communication entre employés qui sortent entièrement de la sphère de l’entreprise. En termes de constitution du savoir, les sources les plus utilisées (blogs, études de marchés, documentation, standards, etc.) se situent en très grande majorité à l’extérieur de l’entreprise.
Les murs de l’entreprise deviennent poreux, perméables à ce qui se passe au dehors. Certaines sociétés ont compris l’intérêt qu’il y avait à s’ouvrir à la sphére des utilisateurs. IBM, qui était l’un des repésentants les plus caricaturaux de l’entreprise traditionnelle, a opéré une mutation radicale en s’ouvrant aux systèmes d’exploitation open-source et en devenant un contributeur actif de la communautés du développement libre. Procter & Gamble a également procédé à un changement fondamental de son modèle de R&D en établissant de nombreuses coopérations avec des chercheurs et des experts indépendants, extérieurs à l’entreprise, pour la mise au point de ses produits. Les travaux scientifiques élaborés sur le modèle de l’entreprise collaborative sont de plus en plus nombreux. La plate-forme Innocentive, qui met en relation chercheurs et entreprises en est l’exemple le plus frappant.
L’entreprise 2.0 : une rencontre entre usage et savoir
L’entreprise doit rétablir la relation de confiance entre sa structure organisationnelle et ses membres. Pour cela, elle doit accepter le nouveau rôle que l’ecosystème informationnel mondial (le web) lui propose à présent: devenir un outil fonctionnel au service d’un savoir organique. En d’autres termes, elle doit abandonner son rôle de contrôleur et s’appliquer à mettre à la disposition de ses membres (doit-on encore dire employés dans l’entreprise 2.0 ?) des outils d’échanges et de partage, de documenation et de collaboration. Elle doit accepter et intégrer en son sein les usages et les technologies qui sont en passe de devenir des standars à l’extérieur de l’entreprise. Elle permettra ainsi, à nouveau, la constitution d’un savoir, d’une base de connaissances propre à l’entreprise—base dont les employés seront les administrateurs zelés.
Le modèle de l’entreprise 2.0 est en train de se dôter d’outils puissants, stables et sécurisés; des charactéristiques attendues par les DSI, souvent frileuses à l’idée d’exposer des informations internes à des technologies web destinées à l’exportation en masse de données. Clearspace fait parti de cette récente génération de suite 2.0 apte à rassurer les services informatiques. Néanmoins l’intégration du web social au sein de l’entreprise n’est pas uniquement une question de stabilisation des solutions. Celle-ci passe avant tout par la prise de conscience que la collaboration entres individus génère du savoir et représente la véritable valeur de l’entreprise. L’entreprise 2.0 est plate et organique, les degrés hiérarchiques verticaux s’éffacent aux profits des compétences véritables. Une véritable mutation des mentalités et des usages.
[Note aux lecteurs : les observations et opinions de cet article concernent essentiellement les secteurs exposés aux technologies de l’information]
Références et bibliographie
- Blog de Dion Hinchcliffe : Enterprise Web 2.0 on ZDNet.com
- Article sur le modèle de recherche de Procter & Gamble sur Harvard Business School
- “Le modèle Google, une révolution du Management” – Bernard Girard (sur Amazon
- “Wikinomics” de Don Tapscott & Anthony D. Williams (blog – Amazon)
Adobe s'en tire avec Brio
Dans mon billet précédent, j’exprimais certains doutes sur l’architecture d’interface utilisateur de Jamjar, outil collaboratif développé par Adobe Labs sur une technologie Flex. BRIO est également un produit sorti des laboratoires Adobe mais centré sur la collaboration “live”, à l’instar de Microsoft Net Meeting. Brio est un outil permettant de gérer des conférences en ligne, pour le moment en version béta limitée à 3 utilisateurs, proposant les fonctionnalités suivantes :
- Partage de desktop
- Chat
- Webcam et micro
- VoIP
- Partage de notes
- Tableau blanc
- Upload de documents
Brio ne diffère pas fondamentalement de MS Net Meeting par le choix des fonctionalités proposées, mais il se distingue par la puissance et la rapidité d’exécution de la technologie Flex. Ceux qui ont déjà participé à des conférences sur Net Meeting connaissent la lourdeur de l’application, les décalages voix/images, les coupures de connexion etc. Brio, lui, est un outil léger, lu grâce au plugin Flash directement dans le navigateur, et parfaitement stable, à part quelques erreurs de rémanence.
Même si Brio n’est pas déclarée comme une application AIR, elle réagit comme telle. En effet, l’espace de conférence est dotée de son propre menu, qui remplace celui du navigateur en cours. Une version “Full AIR”, c’est à dire installée directement sur le poste client permettrait notamment le drag-&-drop de fichiers depuis le bureau vers l’espace de conférence.
Là ou Jamjar pêche par son positionnement, Brio propose un rapport usage/technologie très convainquant; un nouvel exemple de la puissance de la technologie Adobe Flex 3 et des possibilité à venir.
Techno sociales : les jeunes américains loin devant
A l’occasion de la sortie d’un ouvrage intitulé Groundswell (traduisible par “mouvement de terrain”), par deux experts du cabinet d’analyse stratégique et marketing Forrester, Charlene Li et Josh Bernoff, le blog du livre propose un petit outil drôle et pratique de comparaison des usages du web, principalement entre les Etats-Unis et l’Europe.

Forrester défini une échelle de 6 profils d’utilisateurs des technologies sociales, allant du plus actif au moins actif :
- Créateur : publie un blog et articles, vidéos et/ou musique autoproduite,
- Critique : publie des commentaires, des notes, contribue à des forums et à des wikis,
- Collectionneur : utilise des RSS, note des articles, ajoute des tags,
- Participant : possède son profil sur un ou plusieurs réseaux sociaux,
- Spectateur : consulte blogs, articles, forums et vidéos créés par d’autres,
- Inactif : ne contribue à aucune des activités précédement citées.
Ce qui en ressort essentiellement c’est le phénomène d’adoption des technologies sociales par la tranche des jeunes américains de 18 à 24, principalement sur les activités de création de contenus. Mais la différence d’adoption des technologies sociales entre américains et européens se prolonge également sur les tranches d’ages plus élevés. Même si les 18-34 ans européens s’emparent volontiers du web social, la différence entre les deux continents reste malgré tout flagrante. Les jeunes américains créént énormément.
L’Europe serait est-elle simple spectatrice de la révolution techno-sociale qui se prépare ?
Utilisateur 2.0 : Découvrez votre ecosystème individuel
Dans un récent billet (publié sur Agoravox), intitulé Productivité 2.0, je notais que le web, qui avait été le rêve prémonitoire de Vannevar Bush, n’avait pas encore répondu au voeux de ses créateurs, à savoir libérer l’homme de ses tâches quotidiennes les plus accaparantes afin de lui donner du temps pour explorer la plus haute forme de loisirs qui soit, la pensée créative. A la suite de la parution de cet article sur Agoravox, certains commentaires laissés par les internautes m’ont permi de prendre pleinement conscience que nous étions tous, à des degrés divers, en train de nous construire un véritable ecosystème, sur les plans individuels et collectifs. Le concept d’ecosystème informationel est largement décrit par Joel de Rosnay, dans son excellent ouvrage intitulé “L’Homme symbiotique”. L’auteur y décrit comment l’être humain moderne est en phase de développer une seconde couche de société – dite informationnelle -, parrallèle à la société “réelle”, toutes deux entremellées et interopérantes, l’ensemble formant un ecosystème, c’est-à-dire un système complexe vivant et évolutif.
Si nous calculions la quantité de temps collectif passé dans la journée à la collecte de données, au partage d’informations, au réseautage social, au travail collaboratif, et à la production de contenu, il serait sans doute supérieur au temps passé à gérer les affaires de la couche “réelle” de nos affaires quotidiennes. L’utilisateur avancé de la couche informationelle est équipé d’outil qui lui permettent d’interagir dans son ecosystème, au même titre que tout un chacun a besoin d’outils pour se mouvoir dans la couche dite “réelle”. Ses activités parraissent donc avoir un sens, une logique, ce qui n’est pas nécessairement évident au premier abord. L’ensemble de ses activités et de ses interactions forme un ecosytème individuel.
Organisation de l’ecosytème individuel

Le schéma ci-dessus est une tentative de représentation de cet écosystème individuel. Mon analyse (temporaire) est la suivante : nos activités au sein de l’ecosystème informationnel s’organise selon 4 ensembles non-disjoints, voire poreux. (note: j’ai volontairement laissé les intitulés en anglais, car il font référence à l’excellent blog Read-Write-Web, qui propose une analyse toujours pertinente des innovations technologiques.)
Ces 4 domaines sont :
- “Read” : la collecte et la consultation de données,
- “Share” : le partage et le réseautage social,
- “Collaborate” : le travail collaboratif,
- “Write” : la production d’information.
Il est important de comprendre que ces 4 espaces sont en communication les uns avec les autres et que les applications “frontières” communiquent étroitement entre elles.
“Read” est l’espace de la recherche, de tri et de consultation d’informations. C’est un endroit dont la maîtrise est stratégique. Dans la société informationnelle, le pouvoir (personnel) est à celui qui sait saisir les informations lorsqu’elles se présentent.
“Share” est l’espace de la relation sociale, qu’elle soit amicale ou professionnelle. C’est l’endroit où il faut savoir être vu.
“Collaborate” est l’espace dans lequel se situe les innovations les plus importantes. C’est l’endroit où se retrouvent entrepreneurs et scientifiques.
“Write” est l’espace de l’expression, de la production d’information, personnelle ou partagée. C’est un endroit plus traditionnel dans son expression, mais qui se constitue en tant que mémoire vivante des activités du web.
L’utilisateur 2.0 est en train de naître.
L’utilisateur qui sait se mouvoir dans ce nouvel ecosystème a très probablement muté par rapport à l’utilisateur traditionnel.
C’est un utilisateur prompte à partager et à échanger. Il recherche et compare l’information en permanence. Ses références et ses modèles ne sont pas les grands classiques encyclopédiques ou universitaires, mais la masse de données sans cesse en mouvement dont il fait lui-même parti.
Ses relations sociales connaissant davantage de degrés que l’humain de la société “réelle”. Il utilise des moyens de communication qui permette des variations dans les interactions: sms, emails, twitter, invitations, commentaires, participation à des groupes, etc. Cependant, le nombre de ses amis véritables ne sont pas plus nombreux que quiconque.
L’utilisateur 2.0 vit selon un paradigme sociétal différent de l’utilisateur traditionnel, notamment sur les questions de droits de propriété intellectuelle dont les codes historiques régissent fondamentalement l’économie réelle. Dans ce sens, il contribue à la production de connaissances sans forcément demander un droit d’auteur sur sa production. En retour, il aggrège les données produits par d’autres pour alimenter son propre ecosystème.
Enfin, ses recherches, ses interactions, ses échanges, genère naturellement de l’information, directement ou indirectement.
L’utilisateur 2.0 est né. Annonce-t-il l’arrivée du citoyen 2.0 ?
L'impasse (de luxe) des super-productions web
Au sein du très large spectre des réalisations web, existe, à l’opposé des principes du web2.0 (collaboration, partage, standards…), une tendance très en vogue qui sert principalement les marques. On pourrait qualifier ces réalisations de “super-production audiovisuelles web”, car elle puisent à la fois et directement dans les codes du cinéma et du jeu. Un exemple récent : Coke Zero Game, un site promotionnel pour Coca Cola, réalisée par l’agence North Kingdom. Il s’agit avant tout d’un jeu mis en scène au sein d’un scénario. La production graphique et audiovisuelle est impeccable, les effets spéciaux au rendez-vous, le casting digne d’un clip de rap, bref, tout les éléments du décor d’une super-production audiovisuelle sont plantés. Seul problème: cela ne présente strictement aucun intérêt et la réalisation échoue finalement sur 3 points.
D’une part, le scénario est pauvre pour ne pas dire rachitique (le héro est censé passer des épreuves pour assister à une finale de football). D’autre part, la technologie Flash ne pouvant pas égaler les jeux sur console, le game-play nous ramène pratiquement en 1985 (...et encore, je me suis plus amusé sur Space Invaders que sur Coke Zero game). Enfin, les effets spéciaux parraissent peut-être très impressionants pour une réalisation web, mais sont en réalité très amateurs en comparasion de ceux d’une véritable réalisation télévisuelle.
L’agence qui a vendu cette réalisation à Coca-Cola saura faire valoir des statistiques mirobolantes pour justifier les frais probablement considérables d’une telle production. Mais il faut être bien aveugle pour ignorer le fait que, d’une part, on peut atteindre des records de statistiques avec le plan media probablement déployé pour cette opération, et d’autre part que le temps passé par les internautes sur ce site est surtour dûe à la lenteur de l’expérience utilisateur.
Je m’interroge sur la pertinenece de ce genre d’approche pour les marques. Elles se font sans doute plaisir et passent de bons moments en réunion à s’auto-congratuler, mais ce que je perçois c’est que le web en tant qu’ecosystème informationnel ne peut rien tirer de ce type d’opération.
La pénétration des marques au sein des réseaux sociaux
Ce shéma représente la difficulté qu’éprouve les marques à se rapprocher du consomateur au sein du nouveau paradigme que représente les réseaux sociaux.
Pour qu’une marque parvienne à approcher le centre du cercle, elle doit établir un rapport de confiance avec l’utilisateur. Plus une marque souhaite se rapprocher du cercle central, plus elle doit inspirer confiance.
Le plus bel exemple dans ce domaine est celui du doublé iTunes / iPod, qui forme un grand écart entre le cercle des places de marché et celui du cercle intime (la poche de l’utilisateur).
Etant à la fois sur le cercle le plus proche et le cercle plus éloigné de l’utilisateur, Apple n’aurait aucun mal à se positionner sur les cercles intermédiaires. Mais le plus beau, c’est que – de ce fait – ils n’en n’ont même pas besoin.
L’idée qui m’a conduit à utiliser la métaphore de l’ovule et du spermatozoïde, c’est celle de représenter la difficulté grandissante que les marques ont à approcher le consomateur/utilisateur au sein du nouveau “paradigme digital”. Plus on s’approche de l’ovule, plus le milieu est hostile à toute forme de publicité.
[ voir la version grand format sur mon compte Flickr ]
De retour sur mon blog...
Après une période d’abscence prolongée de mon blog, je reprends enfin, et avec un grand plaisir, la rédaction de billets dédiés à la veille des nouveaux usages du web et à leurs implications métiers.
Mon abscence prolongée a été dûe à un changement important dans mon activité professionelle: après 14 années de free-lance en tant que designer graphique, puis webdesigner, et enfin architecte d’information, j’ai intégré Ogilvy Interactive, filiale web du groupe Ogilvy, fondé par David Ogilvy en 1949.
Le changement est de taille, et pour tout dire, à la hauteur des défis à relever. En effet, on peut dire qu’à présent, un besoin pressant d’évolution des process animent les grandes agences de communication. Subissant la pression toujours plus forte que provoque l’omniprésence de l’internet dans notre vie de tous les jours, les acteurs liés de près ou de loin à la communication online se voient contraint d’évoluer. D’aucun avait cru que le web, c’était du tout cuit, qu’il suffissait d’appliquer les 3 ou 4 recettes bien établis pour s’établir comme acteur de l’internet. Hum. La déconvenue sera douloureuse pour certains car l’internet nouveau n’a pas encore commencé. Ce que nous vivons ne sont que les premières lueurs de l’aube de l’ère du Réseau.
Les technologies inventent de nouveaux usages (et probablement l’inverse aussi). Le web change toutjous plus vite, et tout le monde cours après, sauf peut-être les véritables créateurs (Google en tête.)
Mais le sentiment d’avoir à rattraper le train de l’internet ne se fait sentir que plus cruellement dans un pays comme la France, qui n’est pas une locomotive dans le champs des innovations technologiques, mais plutôt un suiveur relativement doué.
A mon niveau, une simple comparaison m’a fait prendre conscience de l’ampleur du gouffre qui sépare l’intégration du changement entre les entreprises américaines et les autres. Chez Ogilvy Interactive New York, c’est tout un département qui dédié à l’architecture d’information, alors qu’en France un seul architecte d’information vient d’entrer chez Ogilvy Paris (j’ai de la chance, c’est moi…) On ne peut que saluer Ogilvy Paris pour ce sursaut salutaire (je n’en dirais pas plus sur ce qui se passe au sein d’Ogilvy Paris—réserve professionnelle oblige—mais j’ai bon espoir qu’une véritable évolution des mentalités et des process se produise avant la fin 2008.)
L’experience utilisateur se présente de plus en plus come une expertise incontournable pour ceux qui voudront, demain matin, concevoir de façon intelligente et evolutive les interfaces web grand public.
Traçons une carte du web : information et expérience utilisateur
Après plusieurs mois de veille des nouveaux usages du web, le besoin d’expliquer, de comprendre ces tendances s’est fait de plus en plus pressant. Comment ces usages s’organisent-ils ? Peut-on distinguer des tendances, des axes de développement dans cette masses de nouveaux outils ? Tout cela a-t-il le moindre sens ? Et peut-on distinguer l’avenir du web à travers l’étude du présent ?
Laneo s’ouvre à la planète
Si vous scrollez un peu dans la page, vous pourre lire mon premier billet à propos de Laneo, une initiative eco-citoyenne qui met les technologies participatives au service de la planète.
Laneo propose de collecter des informations au sujet des ses membres – informations concernant leurs activités de plein-air en l’occurence – et à vendre ses listing à des sociétés qui investissent massivement dans les sports de nature, et qui donc, contribue la plupart du temps, directement ou indirectement, à la détérioration de la nature.
L’argent récolté est ensuite intégralement reversé à des associations de protection de l’environnement. Et c’est là qu’intervient le participatif (l’eco-citoyen 2.0…) : les membres inscrits de Lanéo décident – par le vote en ligne – de l’attribution des ces dons. Les membres peuvent aussi effectuer des dons directs et/ou démarrer via Laneo des iniatives eco-citoyennes (nettoyage de plages ou de lac…).
On souhaite donc longue vie à Laneo dans le plus propre des mondes.
http://www.laneo.org
Laneo est une initiative remarquable qui permet à une communauté de passionnés de sports et de nature de s’organiser autour d’initiatives écologiques. Laneo est basé sur le volontariat actif des participants et joue le rôle de sponsor, de co-organisateur, d’intermédiaire et de facilitateur. Le réseau social de bénévoles utilise Laneo pour effectuer des opérations d’écologie citoyenne (nettoyage, recyclage etc.), pour diffuser des informations sur des produits, pour trouver des entreprises respectant la nature, pour prendre des décisisons de groupe quant aux dons à effectuer aux organisations de protection de l’environnement, et pas mal d’autres choses encore.
Ce que je retiens surtout de cette initiative, c’est que, contrairement à beaucoup d’autres réseaux sociaux qui restent dans l’univers informatique, Laneo utilise les nouvelles technologies de l’information pour agir sur le monde de tous les jours, sur la société humaine. Dans le cas de Laneo, on peut vraiment parler d’eco-citoyenneté.
Mise à jour du 22 Novembre : je vous recommande l’interview d’Andrew Paterson, fondateur de Laneo, sur le blog de Loic Lemeur. Vous pouvez aussi visiter le blog d’Andrew.
Les accès wifi publics : le retard français.
Me revoici sur mon blog après quelques congès, paternité oblige, et je souhaite me refaire la main avec une courte note portant sur les accès wifi publics en France.
Ayant fait récemment plusieurs déplacements en avion et en train – et ayant transité par les salons business de l’aéroport CDG et de la gare de Lyon à Paris, j’ai eu la désagréable surprise de constater que la politique d’accès au wifi dans les lieux publics révèle à la fois des pratiques ultra-libérales plus extrèmes qu’aux Etats-Unis et un retard certain des mentalités. Lorsque dans toutes les grandes agglomérations américaines, le moindre café-restaurant de quartier propose gratuitement un accès wifi à ses clients, la SNCF et les Aéroports de Paris se borne à passer des accords commerciaux avec les opérateurs téléphoniques français pour équiper leurs salons business.
Quelle logique bizarre et malsaine pousse la SNCF et les Aéroports de Paris à faire payer leurs clients et voyageurs un accès wifi à des prix scandaleux (10euro/h..!) à l’heure où, dans les rues de Paris, il devient de plus en plus aisé de capter des accès wifi laissés libres d’accès par des utilisateurs bienveillants ? Ça m’échappe.
Je voudrai donc en profiter pour faire la promotion de FON, la communauté de partage du wifi par les individus.
http://www.peuplade.fr
Sans faire de chauvinisme, mais quand cela est possible, il est bon de signaler les initiatives françaises en matière d’innovations web. Les entrepreneurs de ce pays ont besoin d’être soutenus.
J’avais notamment signalé il y a quelques temps l’initiative de QuePasa.fr dans ce billet. Steph, de QuePasa a eu l’amabilité de laisser un commentaire en ajoutant des précisions utiles.
Dans la même fibre, signalons l’arrivée de Peuplade.fr, un site communautaire centré autour de la vie de quartier. Sans conteste, l’utilié de ce type de service va se révéler dans les mois à venir. Les internautes urbains aiment à partager les informations autour de leur vie quotidienne, c’est certain. On peut y partager des idées, des rendez-vous, y passer des annonces, se retrouver entre voisins, etc. car ce que permet Peuplade.fr, c’est finalement de permettre aux utilisateurs de se rencontrer réellement (sans que ce soit du tout un site “de rencontre”). Nous sommes des êtres sociaux, n’est-ce pas ?
Peuplade.fr est donc un site de communautés, voire de micro-communautés, bien construit dans l’ensemble. L’humeur générale est agréable, conviviale, simple et attractive. Le processus d’inscription se fait facilement, mais manque toutefois de clareté. L’interface est plutôt bien faite, même si l’on regrête qu’elle ne respecte en rien les standards du W3C (ce qui pourrait d’ailleurs leur jouer des tours dans l’avenir).
Malgré ces quelques défauts, on souhaite ardemment longue vie à Peuplade.fr et vous invite à vous y inscrire.
La mutation nécessaire de la presse quotidienne d’information
Force est de constater que la presse d’information fut prompte à proposer des versions web de ses quotidiens “papier”. Elle a su s’adapter à la première vague du web dès la fin des années 90 en définissant un modèle, qui, il est vrai, eu peine à trouver son équilibre mais reste toutefois attrayant pour les lecteurs. Sans doute, les quotidiens en ligne cherchent-ils, aujourd’hui plus que jamais, à établir un modèle pérenne, tant du point de vue économique qu’éditorial.
Article publié sur Agoravox
Raison sociale
Dans une récente interview donnée à Business Week, Ray Lane, ancien président d’Oracle, décrit l’adaptation par les entreprises des nouveaux modèles applicatifs engendrés par le Web 2.0 grand public. En exemple, il cite Visible Path, une startup qui propose un outil de gestion de réseaux sociaux destiné aux entreprises. D’après l’animation de demonstration, on peut voir que Visible Path est basé sur les principes qui sont en œuvre au sein des applications grand public de réseaux sociaux, tels que LinkedIn et Viaduc.
Au-delà de la question de savoir si ces outils parviendront ou non à s’imposer au sein des entreprises (ce n’est qu’une question de temps, à mon sens), la réflexion qui me vient est la suivante.
Les réseaux sociaux et leurs applications apporteraient-ils (enfin) une forme de rationnalisation au sein des relations sociales ?
Dans la vie de tous les jours, si nous voulons évoluer professionnellement, il nous faut établir de nouveaux liens, de nouvelles connexions. Par exemple, si je souhaite rencontrer un directeur d’entreprise très occupé, je vais d’abord contacter 1, 2 ou 3 personnes susceptibles de pouvoir faciliter mon approche. De contact en contact, je parviendrais à un certain moment (...les six degrés de séparation…) à rencontrer ce brillant manager.
Ces outils sociaux de gestion de carrière reproduisent exactement ce schéma. Ils permettre de se présenter, d’établir des contacts, de rencontrer des collègues, d’établir des discussions, et de gérer sa carrière.
Nous avons donc collectivement, en tant que société humaine organisée, décidé que notre manière de gérer nos relations professionnelles pouvait être améliorée – c’est-à-dire adaptée à notre époque – au moyen des réseaux informatiques. Nous avons décider de confier une partie de nos relations sociales à un outil informatique qui, semble-t-il, est plus efficace que nous ne le sommes pour gérer les rapports humains. Ironique ? Non, car il est vrai que lorsque l’on observe les rapports humains dans les entreprises (plus elles sont grandes plus c’est drôle), on peut parfois être abasourdi par la suprémacie de l’irrationel et du passionel au coeur des rapports professionels, même si les grandes entreprises de conseil en management déploient des quantités astronomiques d’énergie pour le masquer…
Reconnaissons-le nous sommes des êtres autant rationnels qu’irrationnels. Si nous voulons, en tant qu’individu mais également en tant que société, progresser vers la voie de la raison, les outils de gestion de réseaux sociaux peuvent nous y aider.
Au fait, à quand la politique 2.0 ? Car s’il est un domaine où l’irrationnel règne en maître absolu, cela semble être bien celui des “hautes instances dirigeantes” de nos pays.
Billet publié sur Agoravox
http://www.chipin.com/
Les réseaux sociaux occupent vraiment la moindre parcelle de terrain disponible sur l’internet…
ChipIn est un service gratuit qui permet à une ou plusieurs personnes d’organiser une collecte de fonds (3000 $ maximum ) pour une bonne cause, un anniversaire, un pot de départ… L’outil est simplement constitué d’une interface permettant de décrire le projet et de la liste de personnes recevant une invitation à participer (donc à donner de l’argent).
Les fonds collectés sont “retenus” par ChipIn qui les reverse à la personne bénéficiare avant le 29ème jour après la création du projet (les 29 jours correspondent à la durée maximum de “retenue” pour une transaction par carte de crédit.) ChipIn garantie la sécurisation des transactions et accepte différents services de paiement (cartes de paiement, Paypal…)
ChipIn propose un nouveau genre de business-model basé sur un principe existant (la levée de fond collectif) mais facilité, simplifié par un outil efficace et convivial.
http://quepasa.fr/
Je suis heureux de voir que les initiatives autour des nouveaux modèles collaboratifs continuent leurs progressions dans notre petit pays (oui, petit…)
Le site Quepasa.fr est donc un réseau social orienté autour de l’annonce d’évènements culturels en France. Le tri dans les évènements se fait principalement par types et par villes.
L’interface est très intelligente, le plus étant apporté par l’affichage, pour chaque évènement, de la carte Google Map localisée.
Comme il l’est dit dans le blog, QuePassa est un site utile et non-spéculatif. On verra s’il peut durer.
Réseaux sociaux, sources de création
Une chose est sûre à propos de l’évolution du web: rien n’est fixé pour toujours, tout est en changement permanent. La semaine dernière encore, je me disais à propos de Flickr que ce réseau social orienté autour du partage de photos tenait le marché, qu’il allait être le seul service dans cette catégorie, compte-tenu de sa position, trop forte pour être concurencée. On pourrait se dire évidement la même chose concernant les deux plus gros services de partage de vidéos – à savoir Google Video et Yahoo Video. La réalité semble en fait bien différente.
http://wiki.laptop.org
Nicholas Negroponte, ancien président du MIT, a le projet d’équiper les jeunes les plus défavorisés de la planète d’ordinateurs portables, autonomes, coûtants moins de 100$ et connectables à Internet.
L’ordinateur sera doté d’un système de connexion sans-fil compatible avec tous les réseaux. Il devra pouvoir être utilisé comme un téléphone grâce à un micro et un haut-parleur, être doté d’un système d’exploitation consommant très peu d’électricité, être pourvu d’un dictionnaire, d’un outil d’apprentissage de l’écriture, et être accessible aux mal-voyants et mal-entendants.
Parrallèlement, d’autres initiatives viennent enrichir la démarche, comme celle qui consiste à équiper le système d’une version condensée de Wikipedia, d’un accès à une librairie digitale disponible en 35 langues, de jeux d’aides à l’éducation et de prévention contre le Sida… Un séminaire de travail est organisé cet été à Boston pour développer le système, grâce aux talents d’étudiants volontaires, dans un esprit collaboratif. Le Wiki du projet OLPC en explique en détail tous les aspects.
On ne peut effectivement parler d’internet, de réseau global, de web collaboratif, en oubliant que la moitié de la planète n’a pas accès à l’eau potable. Les détracteurs du projet OLPC disent qu’on ferait mieux de leur donner l’accès cette eau plutôt que de dépenser du temps et de l’argent à développer des ordinateurs. C’est, à mon sens, oublier un peu vite qu’éduquer les populations, c’est rendre les jeunes autonomes et capables de comprendre un plan de montage d’une pompe hydrolique.
Le Web2.0, c’est du chinois...
C’est officiel, le web2.0 a traversé le pacifique pour se répandre en Chine à la vitesse de l’éclair : services de partage de photos, moteurs de recherche, services de blogs, podcasting, tagging, réseaux sociaux, bookmarking, petites annonces, social news (de type Digg ou Wikio), lecteurs et aggrégateurs RSS, wiki, et autres services (peut-être) typiquement chinois comme iTry.cn : “I try before I buy” (!!?) La Chine est en train de revêtir la panoplie complète du web 2.0 avancé.
Je recommande ces deux sites à ceux qui veulent se rendre compte de la diversité de l’offre web 2.0 en Chine. Tout d’abord, cet excellent blog : China Web2.0 review, qui réalise un compte-rendu quotidien de l’actualité du web 2.0 chinois; ensuite cette liste de services 2.0 illustrés de leurs logos. On se rend vite compte de la vitesse de cette vague 2.0 en Chine.
Etonnement, lorsque l’on effectue une recherche sur le web2.0 en Inde, très peu de choses significatives en ressortent. L’inde est réputée pour la qualité de ses sociétés informatiques, mais la Chine semblent avoir pris le pas sur l’Inde en matière d’Internet.
Wikio: un media des masses ?
Wikio, une initiative française (il faut le dire quand ça arrive…), vient d’ouvrir sa version beta au public. Wikio est un site d’actualités qui a la particularité de publier sur le même plan les fils d’informations provenant des grands media français et les contributions des internautes. Ceci le démarque radicalement d’Agoravox, qui donne uniquement la parole aux internautes afin de contrebalancer la toute-puissance des media traditionnels. Wikio est donc un gigantesque flux RSS provenant de sources multiples, au sein duquel il est aisé d’effectuer des recherches. On en apprécie volontier la simplicité d’emploi et la démarche résolument neutre. Wikio Live, un flux RSS qui défile en continu tel un prompteur, rend assez bien compte de la masse d’informations disponibles.
Toutefois, le pari de la simplicité et de la neutralité n’est-il pas poussé trop loin ? Toutes les informations étant publiées au même niveau, le tout fini par manquer de relief. En résumé, une déclaration de guerre et un vol de mobillette seraient traitées de manière identique.
Wikio a pris le parti de ne pas prendre parti. Son approche est davantage celle d’un moteur de recherche que d’un site d’information. Mais les internautes sont peut-être prêts aujourd’hui à rechercher l’information par eux-mêmes, sans doute poussés par les limites évidentes – et à l’occasion les dérives – des média traditionnels. Quoi qu’il en soit, longue vie à Wikio.
http://www.ebaywiki.com
Ebay se met au wiki en ouvrant cette communauté d’échanges et de discussions. L’iniative est plutôt réussie en termes d’ergonomie et d’usage. Cependant, on s’interroge sur le devenir de cette opération.
Dans cet article, un utilisateur y voit une démarche à double tranchant car sur Ebay Wiki l’anonymat est impossible, à l’inverse de ce qui se produit sur Wikipedia par exemple.
Le wiki est une nouvelle forme de forum, et la masse des 180 millions d’utilisateurs de Ebay fera ou non de cette plate-forme un véritable outil d’échange. Il faut parier que ce sera le cas. C’est en tout cas à elle de décider…
Netvibes Ecosystem
La petite start-up française est en train de prendre du poil de la bête avec son nouveau service Netvibes Ecosystem, qui transforme Netvibes, à l’origine un “simple” service de personnalisation de page de démarrage, en un véritable réseau social. Il est évident que transformer un service privé en une communauté d’utilisateurs interconnectés, échangeant flux RSS, podcast, calendriers, et modules personnalisables rend la chose nettement plus interressante. Le social networking, il n’y a que ça de vrai…
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