Nouveau site en préparation
Ce blog est en pause depuis plus d’un an. Je n’en suis pas fier. A ma décharge, lorsqu’on travaille beaucoup, il est difficile de trouver le temps pour parle de ce que l’on fait.
J’éprouve la plus grande admiration pour les designers qui parviennent à communiquer sur leur travaux; je pense par exemple à See-Ming Lee, un designer résolument hors-pair, mais également un communiquant de haute volée.
Pourtant cela fait parti du travail que d’expliquer ce que l’on fait, ne serait-ce que pour confronter ses idées à l’expérience des autres. C’est ce à quoi j’ai décidé de m’atteler en 2010, en construisant un site multi-usage sur wikidot. Wikidot est une plate-forme d’hébergement et d’édition sur le mode Wiki. Wikidot est à la fois ingénieux, ludique et parfaitement développé. Un vrai plaisir à utiliser. L’intérêt de wikidot est qu’il permet des publications de types extrèmement variés: de la documentation, du blog, du portfolio, du réseautage social, du travail collaboratif, etc.
Le mode de publication sur des plate-formes ou des outils de blog est évidement très interressant mais il rest limité à un seul type de communication. Mon activité dans le domaine du design d’expérience utilisateur me conduit à présent à devoir explorer des objets plus souples.
Action Method : un nouvel outil GTD d'organisation personnelle
Action Method est un nouvel outil d’organisation personnelle construit selon la méthode GTD (Getting Thing Done) de David Allen, dont j’ai parlé dans un précédent billet. Action Method permet de gérer ses actions au sein de projets, car comme le dit si bien David Allen, on ne “fait” pas un projet, on ne peut que mener des actions qui s’y rapportent. Toujours selon le gourou de la productivité personnelle, nous nous trouvons souvent bloqués sur des projets car nous ne savons pas définir la prochaine action à mener.
Il existe de nombreux outils qui permettent de gérer ses “prochaines actions”, la plupart étant simplement des gestionnaires de listes. Action Method, quant à lui, repose assez fidèdelement sur le respect du protocole GTD : organisation par projet, prochaine action à mener, projets à mener ultérieurement, références… Etant moi-même un fervent praticien (bien que débutant) de la méthode GTD, j’ai eu l’occasion d’essayer plusieurs gestionnaires d’actions, dont l’excellent Remember The Milk, et le très fonctionnel Vitalist. Bien qu’Action Method soit plus poussé en termes d’interface, c’est justement ce qui le rend un peu moins rapide à la prise en main. Action Method fait partie de Behance, plate-forme et réseau social dédié aux designers, ce qui explique pourquoi Action Method est tellement (trop ?) abouti en termes d’habillage. La simplicité de Remember The Milk et de Vitalist jouent définitivement en leur faveur quand il s’agit de productivité.
ThinkFree : les suites bureautiques en ligne ne connaissent plus de frontière
Il existe un certain nombre de solutions alternatives à la suite bureautique Microsoft, dont bien sûr Google Docs. ThinkFree est une suite bureautique en ligne, dont j’avais déjà parlé il y a un moment déjà qui fait à présent un retour vers le desktop d’une façon tout à fait remarquable.
La logique informatique traditionnelle nous pousserait à penser que les suites bureautiques venant du Desktop sont amenées à migrer vers des solutions web… et puis on s’en tiendrait bien là. Mais ThinkFree prend tout le monde à contrepied en proposant dans un premier temps une suite bureautique en ligne, suivi, à présent, d’une version Desktop couplée à une version Mobile très légère, rapide et multiplateforme. Le service propose en plus un archivage gratuit des documents en ligne et à des fonction de partage.
C’est le parfait exemple de technologie “pervasive” (terme anglais représentant la qualité d’un objet à s’étendre de toute part) : une application qui franchit les frontières traditionnelles sans contraintes et qui trouve sa place dans des supports et des usages multiples. Personnellement, j’adore.
Joost change de modèle fonctionnel
Pour mémoire, Joost est une plate-forme de vidéo qui diffuse gratuitement des programmes télévisés (films, courts métrages, musique, sports, émissions thématiques…) en moyenne et haute définition. L’intérêt de Joost, c’est que l’on peut réellement y trouver des programmes présentant un réel intérêt à une qualité plus que correcte, et ce gratuitement. En somme, une vraie alternative à la télévision pour ceux qui sont, comme moi, allèrgiques au format éditorial et commercial des grandes chaines TV (ainsi qu’à un mode de consultation intrinsèquement lié à l’usage d’un canapé...)
Jusqu’à présent Joost avait choisi un mode de diffusion RDA, c’est à dire une application légère installée sur le poste à l’instar d’un widget, qui permettait de lire les flux vidéos au sein d’une interface immersive. Cette interface présentait des inconvénients majeurs : mises à jour fréquentes, interface peu lisible… Et surtout impossibilité de mettre un programme en pause ou d’effectuer une avance rapide, ce qui rapprochait la lecture de vidéo sur Joost d’une lecture télévisuelle. Très énervant pour un objet digital.
Joost a tout changé et passe a présent sur le web, c’est-à-dire au sein du navigateur, propose une interface de lecture vidéo plus “classique”, c’est-à-dire davantage en ligne avec les standards du web, et donc une manipulation des flux nettement plus fonctionnel. Sont également ajoutées toutes les fonctionalités sociales propres aux plates-formes vidéo : notation, commentaires, favoris, partage, tagging… et également la possibilité de créer une liste de lecture.
Enorme différence avec DailyMotion, Youtube et avec toutes les autres plate-formes vidéos : Joost ne propose pas (ou pas encore ?) de contributions des utilisateurs, mais se concentre sur les programmes télévisuels de qualité. Un atout différenciant.
Le modèle économique semble plus clair également. Des annonces sont affichées très élégament sur la partie droite de l’interface.
Enfin, mention spéciale pour le petit dessin animé de présentation qui est un bijou d’humour et d’intelligence.
EuroIA 2008 : information et expérience
Cela fait 15 jours déjà que je suis rentré du Sommet Européen d’Architecture d’Information 2008, une rencontre qui a rassemblé à Amsterdam les 26 et 27 septembre 200 à 300 participants venus du monde entier.
L’évènement, organisé principalement par l’Information Architecture Institute et brillament animé par Eric Reiss de Fatdux, s’est tenu dans un cinéma Art Déco magnifique du centre historique de la ville. L’organisation impeccable a largement contribuée à la bonne humeur ambiante.
Les participants sont venus d’horizons professionnels variés mais ayant tous pour centre d’attention l’Architecture d’Information. Et si l’Architecture d’Information a bien été le sujet principal de la rencontre, la plupart des conférences ont très vite élargies le propos. Le marketing, le design stratégique, la stratégie de contenus, l’expérience utilisateur, autant de domaines qui furent également au centre du débat. Car les nouveaux métiers qui se retrouvent au coeur de la conception digitale possèdent des frontières floues. En effet, si les métiers de la génération précédente – tels que directeur artistique, graphiste, auteur multimédia – possèdent tous des contours bien définis, c’est loin d’être les cas pour les pratiques centrées autour de l’expérience utilisateur, et c’est bien là leur intérêt.
Les designers d’expérience utilisateurs possèdent tous au moins 3 cordes à leur arc. Ce sont des profils plus complexes qui répondent à des besoins également plus complexes. Certains viennent du journalisme et possèdent également des compétences informatiques, d’autres viennent de la gestion de projet et s’interresse également à la linguistique, d’autres enfin pourront venir du design et avoir plongé dans les technologies de l’information.
La conférence EURO IA 2008 fut d’une grande richesse de ce point de vue : chaque participant a pris conscience qu’il contribuait à la construction d’un corps de métier qui sera très prochainement le coeur de la conception digitale.
L'intelligence artificielle se trompe-t-elle de route ?
Le Guardian publie aujourd’hui un article sur l’Intelligence Artificielle (accronyme AI, en anglais) intitulé “Des ordinateurs intelligents mis à l’épreuve”. D’après le Guardian, une équipe de chercheurs mettra prochainement à l’épreuve six ordinateurs “intelligents” en leur faisant mener des conversations avec des humains. Est retranscrit ensuite une conversation entre Kevin Warwick, professeur de cybernétique à l’Université de Reading (UK), à l’origine de l’expérience, et l’un des ordinateurs “intelligents”.
Qu’est-ce que l’intelligence ? La définition donnée sur Wikipedia (version anglaise) est la suivante : “Propriété du mental comprenant plusieurs facultés, telles que la capacité à raisonner, à plannifier, à résoudre des problèmes, à penser de façon abstraite, à comprendre des idées, à utiliser le language, et à apprendre.”
Si l’on s’en tient strictement à cette défintion, il est possible d’affirmer que les ordinateurs modernes sont doués de la plupart de capacités en question : plannifier – sans aucune doute – résoudre des problèmes – ils le font en permanence – penser de façon abstraite – les mathématiques ne sont-elles pas des notions abstraites ? – utiliser le language – mon ordinateur portable doit comprendre et interpretrer plus de languages informatiques que moi – reste donc “raisonner”, “comprendre des idées” et “apprendre”. Mettons ça de coté pour l’instant.
Ce qui m’a frappé à la lecture de cet article c’est qu’à aucun moment n’est mentionné la notion de Réseaux. Or, l’informatique moderne est tellement tournée vers les réseaux que nous voyons depuis vingt ans émerger de façon exponentielle la présence des réseaux dans notre quotidien. On parle de plus en plus d’Ubiquitous Computing et de Cloud Computing. Depuis la popularisation du web, le réseau internet grossit tellement vite qu’on ne sait même plus combien d’ordinateurs le constitue réellement… en résumé, nous sommes en train d’assister à la naissance d’un système informatique des milliers de fois plus large que ce qu’avaient imaginé les futurologues des années 50, et nous nous demandons encore si HAL va réussir à battre Kasparov aux échecs l’année prochaine ou conduire une conversation avec un chercheur en blouse blanche, ou si les ordinateurs de la prochaine génération seront “conscients” d’eux-mêmes.
Cette question à propos d’une conscience éventuelle de l’ordinateur me semble d’avantage tenir d’une profonde méconnaissance de la nature de la conscience humaine que de notre capacité à construire des composants plus rapides. C’est un point de vue tout personnel, mais vouloir situer la conscience cybernétique dans un ordinateur, c’est comme vouloir faire tenir la conscience humaine dans un cerveau. C’est pour le moins une approche fermée.
Ida Rolf, biologiste éclairée ayant donné son nom à une méthode de massage thérapeutique, donna dans les années 70 à l’université de UCLA une série de conférences sur la notion de “Open Universe”. Ida Rolf explique que notre conscience a été façonnée pendant des centaines d’année par une forme de rationalisation extrème des choses, permettant à l’être humain d’appréhender le monde qui l’entoure. Ida Rolf nous explique qu’en résultat, nous avons figée notre vision de l’univers, et constitué un univers fermé: une description pratique et simpliste, extrèmement réductrice d’un univers, lui, complexe et vivant : l’univers Ouvert (Open Universe).
Lorsque l’on traite de la conscience, on traite de l’Univers Ouvert, et donc de la complexité. Les réseaux modernes présentent une forme de complexité jamais rencontrée auparavant. Cette compléxité est telle, d’ailleurs, qu’elle nous échappe déjà. La photographie de l’internet ressemble à s’y méprendre à un réseau neuronal. Alors, y-a-t-il un centre au cerveau ? Y-a-t-il en liu un endroit plus intelligent que le reste ? N’est-ce pas plutôt la complexité elle-même qui a donné naissance à la vie sur Terre et qui donne à notre cerveau sa capacité à raisonner ? Dans ce cas, le réseau Internet n’est-il pas le support à une forme d’intelligence réelle comparable voire identique à l’intelligence humaine ?
Si un ordinateur unique ne peut sans doute pas “raisonner”, “comprendre des idées” ou “apprendre”, il me semble que l’internet lui, le peut, ou le pourra très prochainement. Ce peut être juste une question de taille critique…
Google Knol à l'épreuve de l'usage
Au moment du lancement de Google Knol, je fus pris, comme bon nombre de bloggeurs, d’une irrépressible envie de publier un billet, actualité oblige. Mais après un moment de réflexion, je me suis dit qu’il vallait mieux attendre un peu, histoire de voir comment la chose allait réellement prendre corps, plutôt que de spéculer sur des banalités.
Pour mémoire, Knol est une plate-forme de publication de sujets, ouverte à tous et gratuite; l’objectif de Google étant de faire de Knol le premier endroit où les internautes se rendent pour apprendre sur un sujet en particulier. Objectif louable. Après deux mois et demi, il me semble que Knol soit en train de passer à l’épreuve de l’usage.
Tout d’abord, il apparaitrait que la base d’articles soit doté à ce jour d’environ 40 000 articles. Je suis arrivé à ce chiffre en faisant successivement une recherche sur les termes “the”, “of”, puis sur la lettre “a”. Les deux premiers retournent environ 38 000 résultats, le dernier 43 200 (chiffres du 04/10/2008). 40 000 articles sur un peu plus de 2 mois, cela fait environ 500 articles publiés par jours. Je ne me risquerai pas à juger si ce chiffre est bon ou non, mais il est en tout cas suffisant pour évaluer l’usage de Knol.
Habituellement, une plate-forme proposant une base de 40 000 articles offre à ses utilisateurs une forme de catégorisation, un classement, quelque chose qui permette d’explorer les sujets par thématiques. C’est en tout cas l’approche utilisée par Wikipedia sur les page d’acueil des langues. Knol ne propose rien de tout cela. Seul le moteur de recherche permet de trier les sujets.
Si l’on recherche par exemple à se renseigner sur le terme “Subprime” (exemple pris complètement au hasard…), Knol renvoie 48 articles classés par ordre de publication. Il est en outre impossible de modifier l’ordre de classement, ce qui rend très difficile la manipulation des données. Comment par exemple, faire ressortir l’article le mieux noté en premier ? Sur le même sujet, une recherche sur Wikipedia vous apprendra en un clic quelle est la source de la plus grande escroquerie banquaire jamais échaffaudée par le milieu financier… Blague à part.
Ce court exemple nous montre combien les deux modèles diffèrent. Wikipédia et Knol n’ont véritablement rien en commun. Knol est basé sur des articles d’opinions, à partir de laquelle l’utilisateur doit à son tour forger la sienne. C’est ce tri qui reste pour le moment très difficile à faire. Les notation d’articles restent rares donc peu fiables. En résumé, l’utilisateur est face à une liste d’articles d’opinions, rédigés par des inconnus, peu notés et dont le tri est de toute façon impossible.
Cela n’a en soit rien de génant. Après tout, c’est l’affaire de Google, et cette initiative a certainement de la valeur. Ce qui, à mon sens, est plus génant, c’est la définition de Knol donné par Google : “Une unité de connaissance” (“A Unit of Knowledge”). Si l’on se réfère à la définition du savoir (ou de la connaissance – knowledge, en anglais) par Platon, on apprend que celui-ci définit la connaissance comme “une croyance vraie et justifiée”. De ce point de vue, la méthode de Wikipédia pour arriver à constituer une base de connaissances universelle, au moyen de l’obtention d’un consensus de masse, semblerait plus adéquate.
Les listes d’articles d’opinions livrés par Knol sans le moindre effort de classement me laisse dubitatif quant à leur aptitude à délivrer une forme de connaissance.
Le plus domageable, c’est que les articles sont effectivement de bonne qualité mais que leur manque d’utilisabilité rend la plate-forme, à mon sens, quasi inopérante.
Google Knol n’en est certainement qu’à ses débuts et des versions futures amélioreront sans doute l’usage des données publiées, mais disons que Google nous avait habitué à des outils plus aboutis.
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